DésirS / Le Salon des Confidences

Spectacle · Compagnie AGP

DésirS / Le Salon des Confidences

Créations 2015–2016 — Compagnie AGP
Conception : Lolita Frésard et Guillaume Prin
Mise en scène du Salon des Confidences : Guillaume Prin
Photographies : Aliénor Held
Chorégraphie : Elsa Couvreur

Guillaume Prin et Lolita Frésard sur un canapé dans DésirS
Photo · Peter Greenfield

Deux spectacles pour parler du désir

Comment parler du désir et de la sexualité sans tomber dans les clichés, la vulgarité ou les discours normatifs ?

C’est de cette question que naissent DésirS et Le Salon des Confidences, deux créations pensées comme les deux volets d’une même recherche menée par Lolita Frésard et Guillaume Prin.

Au départ, une émission de la RTS et la découverte du livre d’Elisa Brune, Le Salon des confidences – Le désir des femmes et le corps de l’homme. Une évidence apparaît alors : malgré la révolution sexuelle et l’omniprésence du sexe dans les images, la publicité ou les médias, parler réellement du désir reste difficile. Les tabous demeurent, les connaissances sont parfois lacunaires et les expériences individuelles résistent aux généralités.

Pendant près de deux ans, le projet se construit à partir de rencontres, de lectures et de témoignages.

Une centaine de femmes et d’hommes répondent à un questionnaire. Des sexologues, thérapeutes, médecins et journalistes sont rencontrés. Des textes littéraires, des témoignages contemporains, la poésie, la photographie et la danse viennent progressivement nourrir l’écriture.

L’enjeu n’est pas de définir ce que serait « le désir », mais précisément de montrer qu’il n’existe pas sous une forme unique.

DésirS — le désir au pluriel

Premier volet du projet, DésirS est créé pour Midi, Théâtre !, dispositif qui associe une forme théâtrale courte à un repas et circule dans plusieurs théâtres de Suisse romande.

Sur un canapé, Lolita Frésard et Guillaume Prin traversent une succession de figures, de récits et de situations. Désirs féminins et masculins s’entremêlent à travers des témoignages, des textes originaux, de la poésie, des chansons et des fragments empruntés à différentes œuvres littéraires.

Le repas lui-même entre dans la dramaturgie. Composé notamment autour d’ingrédients associés à l’imaginaire aphrodisiaque, il accompagne le mouvement du spectacle : l’entrée évoque la naissance du désir, le plat sa dégustation, le dessert sa réminiscence.

Dans La Liberté, Elisabeth Haas décrit alors une traversée qui « mettait avec finesse des mots sur les multiples facettes du désir ».

Le pluriel du titre est essentiel : il n’y a pas un désir mais des désirs, aussi différents que les individus qui les éprouvent.

Le Salon des Confidences — déplacer le regard

Avec Le Salon des Confidences, la recherche se poursuit et se concentre cette fois sur le désir des femmes.

Ce déplacement du regard est volontaire.

L’équipe constate combien le désir féminin a longtemps été raconté, représenté et défini depuis un point de vue masculin. Le projet ne cherche ni la revanche ni l’opposition entre les sexes. Il tente plutôt de faire entendre une parole encore souvent entourée de silences, de normes ou d’idées reçues.

Les mots d’ordre formulés pendant la création sont simples :

Sans morale. Sans jugement.

Des témoignages recueillis par l’équipe se mêlent à ceux rassemblés par Elisa Brune, mais également à des textes littéraires et contemporains. Marguerite Duras, Guillaume Apollinaire, Benoîte Groult ou encore des auteurs de l’AJAR participent à cette mosaïque de paroles.

Il ne s’agit pas de fabriquer un portrait de « la femme », mais au contraire d’en faire apparaître la multiplicité : les désirs, les peurs, les frustrations, les plaisirs, les contradictions, les corps et les imaginaires de chacune.

Scène de DésirS / Le Salon des Confidences
Photo · Peter Greenfield

Un canapé pour entrer dans l’intime

Le dispositif scénique est volontairement dépouillé et mobile.

Au centre : un canapé.

Autour de lui, quelques lampes, des images, des corps et des spectateurs placés au plus près des interprètes. Le spectacle est conçu pour pouvoir quitter les théâtres, investir un café, un chapiteau ou presque un véritable salon.

Cette proximité permet de ne pas déclamer le désir. On peut le raconter doucement, presque le murmurer.

À Genève, sous le chapiteau installé au parc Beaulieu, la Tribune de Genève décrit ainsi une « ambiance intime, on est entre soi », entourée des photographies de nus réalisées par Aliénor Held.

Le Salon voyagera ensuite entre Fribourg, Genève, Neuchâtel et différents lieux de Suisse romande.

Les mots, les images et les corps

Le Salon des Confidences est pensé comme un travail pluridisciplinaire.

Les textes constituent une première matière.

La photographie d’Aliénor Held en constitue une seconde. Ses images accompagnent le spectacle et sont également exposées autour du lieu de représentation, prolongeant la réflexion sur les corps et leur représentation.

La danse forme le troisième langage. Elsa Couvreur travaille à traduire physiquement ce qui traverse le corps lorsqu’il désire : accélération, attente, chaleur, tension, abandon.

Parole, photographie et mouvement ne cherchent ainsi pas à expliquer le désir, mais à en faire apparaître différentes manifestations.

L’Express décrit cette construction comme une « odyssée poétique et scénique », associant la parole à la photographie et à la danse.

Parler de sexualité autrement

La démarche revendique dès le départ une forme de bienveillance.

Non pas pour rendre le sujet inoffensif, mais pour pouvoir l’aborder sans jugement, sans assignation et sans réduire les expériences individuelles à des recettes ou à des normes.

La Liberté relève cette volonté de se débarrasser de la vulgarité, des lieux communs et des idées reçues, et souligne la recherche d’une langue riche en images pour parler du désir et de la sexualité.

Cette volonté n’empêche pas une réception critique contrastée. À Genève, Katia Berger, dans la Tribune de Genève, apprécie notamment l’univers intime du chapiteau et le dispositif visuel, mais se montre plus réservée sur certains textes, qu’elle juge parfois trop proches de lieux communs.

Une critique qui renvoie finalement à la difficulté même du projet : comment mettre en scène une expérience aussi universelle que le désir sans l’aplatir ni prétendre l’expliquer ?

Les interprètes réunis dans Le Salon des Confidences
Photo · Peter Greenfield

Une autre manière de fabriquer du théâtre

Avec DésirS puis Le Salon des Confidences, la Compagnie AGP expérimente aussi une nouvelle manière de créer.

Le spectacle ne naît plus seulement d’un texte dramatique préexistant. Il se construit à partir d’enquêtes, de témoignages, de rencontres avec des spécialistes, de littérature, de photographie, de musique et de danse.

Et le théâtre commence également à sortir de son cadre habituel : un repas, un foyer de théâtre, un chapiteau, un canapé, quelques lampes suffisent pour créer un espace de représentation.

Une manière de travailler qui annonce déjà certaines recherches futures de la compagnie : aller chercher la matière théâtrale dans le réel, recueillir des paroles et inventer des formes capables de les faire circuler.

« Sans morale. Sans jugement. »

Presse : La Liberté, « Du théâtre à l’heure de dîner », 30 décembre 2015 ; La Liberté, « Une femme et un homme sur un canapé », juin 2016 ; Tribune de Genève, « Autour des désirs », 27 janvier 2016 ; Katia Berger, Tribune de Genève, « Érotisme, désir et orgasme féminin sous chapiteau », 19–20 mars 2016 ; L’Express, avril 2016.

Presse · télévision · radio

Dans les médias

Radio / podcast

RTS La Première · Vacarme

Vos désirs font-ils désordre ? (2/5) — S’émoustiller, tout un art

12 avril 2016

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Presse écrite

Tribune de Genève

Érotisme, désir et orgasme féminin sous chapiteau

Katia Berger · 19–20 mars 2016

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Presse écrite

L’Express / L’Impartial

Nous voulons parler de désir et de sexe avec respect et beauté

7 avril 2016

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Presse écrite

La Liberté

Article consacré à DésirS

6 janvier 2016

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